Au Rwanda, des Caméras Documentent la Riche Biodiversité d'un Parc National
mardi 31 mars 2020
Au Rwanda, des Caméras Documentent la Riche Biodiversité d'un Parc National

Le parc national de Nyungwe constitue un véritable joyau de nature. Il s'étend sur un millier de kilomètres carrés qui abrite l'une des plus anciennes forêts tropicales d'Afrique.

Dans le parc national de Nyungwe au Rwanda, des scientifiques ont installé des pièges photographiques au niveau du sol et dans les arbres pour documenter les espèces présentes. Une étude qui a permis de mettre en évidence une trentaine d'espèces de mammifères différentes.

Situé au sud-ouest du Rwanda, le parc national de Nyungwe constitue un véritable joyau de nature. Il s'étend sur un millier de kilomètres carrés qui abrite l'une des plus anciennes forêts tropicales d'Afrique. Un vaste écosystème où évoluent des centaines d'espèces animales comme végétales. Y compris des espèces endémiques et des espèces menacées d'extinction.

Malgré l'importance de protéger ce joyau, la biodiversité du parc de Nyungwe créé en 2004 demeure méconnue. C'est pour combler les lacunes que des scientifiques ont récemment lancé une nouvelle étude au sein de ce vaste écosystème. Durant une période de 30 jours, ils ont installé une centaine de pièges photographiques à travers la forêt tropicale, à la base des arbres comme dans leurs branches.

« Parce que ces caméras fonctionnent constamment jour et nuit, elles capturent les animaux qui se déplacent à travers le paysage et que l’œil humain pourrait avoir manqués », a expliqué au site Mongabay, Jennifer Moore, scientifique de l'université de Floride qui a dirigé les recherches. « Grâce à cela, les pièges photographiques sont plus susceptibles de documenter des espèces rares à protéger ».

Plus de 27.000 clichés à étudier

A l'issue des trente jours d'observation, les chercheurs n'ont pas été déçus. Selon leur étude publiée dans la revue Animal Conservation, les caméras ont permis de collecter plus de 27.000 clichés utilisables révélant une trentaine d'espèces de mammifères dont huit primates et une douzaine de rongeurs. Une vingtaine d'entre elles ont été repérées grâce à la combinaison de caméras terrestres et arboricoles.

Mieux, à l'aide des pièges photographiques perchés en hauteur, l'étude a mis en évidence la présence d'une espèce encore jamais observée dans le parc : un petit mammifère carnivore aux allures de chat connu sous le nom de poyane d'Afrique centrale ou Poiana richardonsii. A l'inverse, les dispositifs ont échoué à observer certaines espèces normalement présentes dans le parc.

Aucun cercopithèque à tête de hibou (Cercopithecus hamlyni), ni cercopithèque ascagne (Cercopithecus ascanius), ni chat sauvage africain n'a pas exemple été observé. Trois autres espèces dont le chat doré africain et l'hylochère n'ont pas non plus été repérées mais les spécialistes pensent que leurs populations ont sans doute disparu en raison du braconnage.

Selon les chercheurs qui ont travaillé en collaboration avec la Wildlife Conservation Society (WCS) Rwanda, le World Wildlife Fund (WWF) et l'université Rice, ces travaux soulignent l'intérêt de poser des pièges photographiques en hauteur - une technologie relativement nouvelle - pour documenter certaines espèces parfois insaisissables, en plus des dispositifs installés au sol.

L'abondance d'espèces, un signe de stabilité

Malgré l'absence de certains animaux, l'étude met en lumière la richesse de la biodiversité du parc national de Nyungwe qui fait figure de bonne nouvelle. "La richesse d'espèces nous donne des informations sur la santé d'un écosystème. Une plus grande abondance d'espèces est généralement le signe d'un écosystème plus stable", a confirmé Jennifer Moore.

Les photos capturées pourraient ainsi aider à mettre en place des programmes de surveillance et de protection plus efficaces, explique la WCS dans un communiqué. Elles pourraient également permettre d'en apprendre plus sur les comportements des animaux et leurs mouvements à travers la forêt tropicale qui est, comme cette étude le montre, loin d'avoir révélé tous ses secrets.

« De nombreuses personnes pensent que nous savons tout aujourd'hui, mais la WCS a démarré [son travail] dans le parc national de Nyungwe dans les années 1980 et nous venons juste d'y trouver l'an dernier une nouvelle espèce », a conclu la spécialiste. « Cela tend à montrer que même dans les endroits où les chercheurs sont présents depuis des décennies, il y a tellement de choses à apprendre ».

Par : Emeline Férard

Source : rwanda-podium.org