Couvre-Feu : Faut-il employer la force pour prévenir le COVID-19 au Mali ?
mercredi 1 avril 2020
Couvre-Feu : Faut-il employer la force pour prévenir le COVID-19 au Mali ?

Depuis le premier cas confirmé au Mali le 25 Mars 2020, le gouvernement a pris des résolutions pour lutter contre la propagation du Covid-19 dont l'état d'urgence.

Cependant d'après des témoignages, certains porteurs d'uniforme utilisent la violence pour faire respecter la loi. Alors faut-il employer la force pour prévenir cette pandémie ?

En effet le pays vit sous couvre-feu depuis la semaine dernière et les policiers patrouillent nuitamment pour faire respecter la décision des autorités afin de prévenir la propagation du COVID-19 au sein de la population.

Le Couvre-Feu commence de 21 heures à 5 heures du matin sur toute l’étendue du territoire. Et pour cela plus d’un millier d’agents des Forces de défense et de sécurité ont été mobilisés pour la circonstance à savoir les policiers du Groupement mobile de sécurité, de la Brigade spéciale d’intervention, de la Brigade anti-criminalité auxquels s’ajoutent des gardes.

Ces agents des Forces de défense et de sécurité sont massivement déployés dans la nuit à travers le District de Bamako et ont pour mission de faire respecter la décision des autorités pour la circonstance. Bien que le Directeur Régional de la Police, Contrôleur général de police M. Siaka B SIDIBE a tenu à rappeler que « Les consignes sont claires. À partir de 21 heures, plus personne ne doit être aperçue dans la rue.

C’est un couvre-feu, pas de complaisance. Mais pas de brutalité non plus. Vous êtes en mission de l’État certes mais aussi au service du citoyen » des incidents ont été causés par certains forces de l'ordre. Ces récentes scènes de répression des citoyens ayant violés le couvre-feu illustrent un État qui se veut visible, présent et fort. Toutefois, cette militarisation oublie que les consignes données sont réceptionnées par des individus aux situations sociales et besoins de survie différente, dans une société démocratique.

C'est pourquoi la Commission Nationale des Droits de l'homme dans un communiqué "invite les forces de l’ordre à faire observer le couvre-feu dans le strict respect des droits de l’homme, en particulier, le droit à l’intégrité physique et le droit à la sécurité des personnes interpellées ; rappelle l’article 3 de la Constitution du 25 février 1992 qui dispose : « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des sévices ou traitements inhumains, cruels ou dégradants. Tout individu ou agent de l’Etat qui se rendrait coupable de tels actes, soit de sa propre initiative, soit sur instruction, sera puni conformément à la loi ». 

Il est à rappeler qu’il est difficile de gagner la bataille contre le virus sans l’engagement, la responsabilisation et la confiance communautaires. Au contraire, appliquer des mesures répressives peut conduire à des réactions contre-productives.

Par : AFANOU KADIA DOUMBIA

Source : Malijet