LES DIFFÉRENTS RÉGIMES DE CHANGE
mardi 31 décembre 2019
LES DIFFÉRENTS RÉGIMES DE CHANGE

Suite aux réformes annoncées par Emmanuel Macron et Alassane Ouattara, le 21 décembre 2019, à Abidjan, sur la coopération monétaire entre l’Uemoa et la France, des interrogations ont surgi sur le type de régime de change qui sera adopté.

L’Agrégé d’économie, le Professeur Abou Kane, par ailleurs, chef du département d’Economie à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (Faseg) de l’Ucad, apporte des éclairages.

1- Taux de change

Le professeur d’Economie, Abou Kane, explique que pour mieux comprendre la définition d’un régime de change, il faut, avant tout, connaître ce qu’est un taux de change. Le taux de change, précise-t-il, représente la valeur d’une monnaie nationale ou d’une devise par rapport à celle d’un autre pays. On entend par régime de change l’ensemble des règles par lesquelles un pays organise la détermination des taux de change.
A ce titre, on peut distinguer les types de régimes de change ci-dessous :

2- Régime de change fixe

Selon l’économiste, le Pr Abou Kane, un régime de change est fixe si un pays rattache officiellement sa monnaie, à un taux fixe, à une autre devise ou un panier de monnaies. Dans ce cas de figure, les autorités du pays sont prêtes à maintenir la parité fixe par une intervention directe ou indirecte. Le régime de change fixe a une vertu anti-inflationniste qui est son principal avantage. Son principal inconvénient est qu’il ne permet pas de profiter de toutes les opportunités offertes par les marchés.

3- Régime de change flexible ou flottant

Un régime de change est dit flexible ou flottant lorsque le taux de change est déterminé par le marché. A ce titre, indique l’économiste, l’intervention de la Banque centrale ne se produit qu’exceptionnellement et vise uniquement à répondre à des conditions de marché désordonnées. Comme avantage, Abou Kane explique que la flexibilité favorise un ajustement rapide des prix relatifs suite à des chocs asymétriques en présence de rigidités nominales (on ne peut pas ajuster les salaires ou les prix chaque fois qu’il y a un choc). C’est également un régime qui affirme l’indépendance de la politique monétaire. Son principal inconvénient est l’incertitude du cours de change qui peut rendre frileux certains agents économiques.

4- Régimes de change intermédiaires

Le chef du département d’Economie de la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (Faseg) évoque aussi les régimes de change intermédiaires qui ont, à la fois, des attributs des régimes fixes et flexibles. Ils sont très variables et on retrouve principalement la parité glissante (taux de change fixe en principe mais possibilité de revoir la parité de référence en fonction de la situation du pays), les régimes de taux de change contrôlés (fluctuations faibles du taux de change qui ne dépassent pas une certaine limite fixée par les autorités), la zone cible (maintien d’une marge de fluctuation autour d’un taux qui est révisé périodiquement). L’avantage des régimes de change intermédiaires c’est qu’ils permettent de se prémunir contre de fortes variations de la conjoncture mais ils ont l’inconvénient de ne pas donner un signal fort et clair aux acteurs économiques (…).

5- Comment choisir son régime de change ?

Le choix d’un régime de change, d’après le Pr Kane, dépend de plusieurs facteurs comme le degré d’ouverture, le niveau d’inflation, le degré de mobilité des capitaux, la crédibilité de la Banque centrale. Il ajoute qu’un régime de change fixe est adapté à de petites économies qui ont essentiellement un grand partenaire commercial dont la politique monétaire est relativement stable. C’était probablement le cas des pays de l’Uemoa avant l’entrée en force de la Chine parmi les partenaires privilégiés (…). De l’avis de cet économiste, pour la monnaie unique, Eco, c’est le régime de change intermédiaire qui semble être le plus adapté du fait du risque lié à la vulnérabilité de certaines économies de la sous-région.

Par : Abdou DIAW

Source : lesoleil.sn