Franc CFA-ECO : Où en sont les pays de l’UEMOA au niveau des critères de convergence en 2019 ?
mardi 31 décembre 2019
Franc CFA-ECO : Où en sont les pays de l’UEMOA au niveau des critères de convergence en 2019 ?

Alors que les pays de l'UEMOA ont adopté en "avant-première" l'ECO, il ne reste plus, pour les Etats de la région, qu'à se conformer aux critères de convergences qui constituent l'exigence absolue pour hisser la nouvelle monnaie au rang de moyen de paiement unique pour l'ensemble des pays de la CEDEAO. En attendant, au niveau des pays de l'UEMOA, l'exercice n'est toujours pas aisé après plus de 70 ans de pratique d'une monnaie en commun.

Dans un rapport publié début décembre, la commission de l'UEMOA a fait le point sur le respect des critères de convergence au titre de l'année 2019. Un document qui montre quelques insuffisances.

Rappelons utilement que les critères de convergence, au nombre de 5, sont regroupés en deux catégories. Il y a d'une part les critères de premier rang avec comme repères au sein de l'UEMOA : (i) le ratio du solde budgétaire (dons compris, rapporté au PIB nominal) qui doit être supérieur ou égal à -3%, (ii) le taux d'inflation annuel moyen de 3% maximum par an et (iii) le ratio d'endettement (Dette/PIB nominal) qui doit respecter la limite maximale de 70%.

D'autres part, nous avons les critères de second rang qui portent sur (i) le ratio masse salariale sur recettes fiscales avec une norme inférieure ou égale à 35% et (ii) le taux de pression fiscale (recette fiscale/PIB nominale) qui doit être supérieur ou égal à 20%.

Critères de premier rang

Sur les critères de premier rang, l'on note qu'à l'exception de la Guinée Bissau et du Sénégal, les pays de la zone ont un déficit budgétaire (solde budgétaire négatif) rapporté au PIB nominal inférieur à 3% comme exigé. Le Bénin et le Togo sont ici les deux meilleurs élèves avec chacun un ratio de -2,2%.

Au niveau de l'inflation, tous les pays, aidés en cela par la politique monétaire accommodante de la BCEAO, se sont conformés à l'exigence d'un taux inférieur à 3%, avec même des taux négatifs au Burkina (-3,1%) et au Niger (-2,4%) notamment.

Il en est de même pour le taux d'endettement qui est respecté par l'ensemble des Etats. Le rapport montre que le Togo reste, en terme relatif, le pays le plus endetté de la région avec un taux d'endettement, à fin 2019, de 69% du PIB, suivi du Sénégal (52,5%), de la Côte d'Ivoire (47,9%), de la Guinée Bissau (46,7%), du Burkina (43,1%), du Bénin (40,5%), du Mali (36,7%) et enfin du Niger (35,8%). Selon le rapport, ces Etats devraient à nouveau respecter ces critères en 2020.

Critères de second rang

Au niveau du ratio de la masse salariale rapportée aux recettes fiscales qui doit être inférieur ou égal à 35%, seuls trois États respectent ce critère ; le Niger, le Sénégal et le Togo consacrent en effet respectivement 34,1%, 30,5% et 31,6% de leurs recettes fiscales au traitement salarial de leurs fonctionnaires. Les mauvais élèves ici sont le Burkina et la Guinée - Bissau qui dépensent un peu plus de 55% des revenus fiscaux pour sous forme de salaires pour les agents publics.

En matière fiscale, alors que la norme voudrait que les recettes fiscales représentent au moins 20% du PIB, la région continue bien d'enregistrer des taux de pression fiscale (qui traduit la capacité des Etats à mobiliser des ressources en interne) parmi les moins élevés au monde, une situation dénoncée notamment par le FMI et la Banque mondiale. Seul le Togo a un taux légèrement supérieur à 20%. La Côte d'Ivoire et le Sénégal enregistrent respectivement 16,6% et 17,9%, contre 11% au Bénin et 10,8% au Niger.

Etat de la convergence dans les pays de la zone UEMOA en 2019

L'on remarquera ici qu'en 2019, seul le Togo respecte l'ensemble des 5 critères de convergence définis au niveau de l'UEMOA.

Concernant la zone CEDEAO, la conférence des chefs d'Etat et de gouvernements qui s'est réunie le 21 décembre dernier à Abuja, au Nigéria, avait relevé que seuls 7 pays sur 14 respectaient les 4 critères de convergence de premier rang définis pour la région, alors que 6 pays étaient parvenus à se conformer à 3 des 4 critères de second rang retenus pour la mise en place de l'ECO.

Par : Jean Mermoz Konandi

Source : sikafinance.com