Les relations égypto-soudanaises
mardi 19 mars 2019
Les relations égypto-soudanaises

Relations politiques

Les relations politiques entre l'Égypte et le Soudan reflètent une histoire commune aux dimensions régionale et internationale. Les deux pays sont liés non seulement sur le plan de leur étendue géopolitique, mais aussi sur celui des nombreux problèmes communs et questions régionales qui nécessitent une coordination constante entre eux, comme le dossier de l’eau du Nil et celui de la stabilité et de la sécurité dans le bassin de la mer Rouge et dans la Corne de l’Afrique. De plus, il y a le dossier de la coordination relative aux questions africaines, soit à travers l’Union africaine ou à travers les autres organisations régionales et continentales, et à certaines questions importantes, telles que la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme.

Les relations entre l'Égypte et le Soudan ont connu un grand progrès depuis l’arrivée du président Abdel-Fattah al-Sissi au pouvoir. En outre, les réunions des ministres des Affaires étrangères et des chefs du service de Renseignement des deux États suivent un mécanisme clair pour mettre les choses en perspective et empêcher les parties extérieures d'essayer de profiter de toute situation aux dépens des intérêts des deux peuples.

Après la Révolution qui a éclaté au Soudan le 18 décembre 2018, l’Égypte a affirmé son soutien total au choix du peuple soudanais frère et sa liberté à diriger l’avenir de son pays.

En avril 2019, en pleine période de transition au Soudan, le Ministère égyptiens des Affaires étrangères a émis un communiqué dans lequel il a réaffirmé que « L’Égypte exprime toute sa confiance à la capacité du peuple soudanais frère et à son armée nationale afin de surmonter cette étape critique et ces défis, jusqu’à réaliser ses aspirations vers la stabilité, la prospérité et le développement », et que l’Égypte appelait la communauté internationale à soutenir le choix du peuple soudanais à ce moment historique, appelant les pays frères et amis à le soutenir et à l’aider à réaliser une transition pacifique vers un meilleur avenir.

Le 23 avril, le président Abdel Fattah El-Sissi a convoqué au Caire un sommet consultatif des partenaires régionaux du Soudan.

Le 20 juin, l'Égypte, en sa qualité de présidente de l’UA, a dirigé à Addis-Abeba, la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays partenaires régionaux du Soudan, à savoir l'Éthiopie, le Congo, l'Afrique Centrale, le Djibouti, le Kenya, le Rwanda, la Somalie, l'Afrique du Sud, le Soudan du Sud, l'Ouganda, le Nigéria, le Nigéria, l'Érythrée et le président de la Commission de l'Union africaine.

L’Égypte, entre autres États africains et arabes, a joué le rôle de médiateur entre les parties soudanaises, jusqu’à la signature au Soudan, en juillet 2019, de l'accord des Soudanais sur la composition d'un conseil souverain de trois ans et d'un gouvernement civil comprenant des compétences nationales indépendantes, si bien qu’après na nomination, le Premier ministre soudanais, Abdullah Hamdouk, a remercié l’Égypte et tous les autres partenaires pour avoir aidé le Soudan à traverser la période difficile et à parvenir à un accord politique sur la formation des institutions du gouvernement de transition.

Les relations économiques

La politique égyptienne vise à promouvoir les relations économiques communes et à leur donner un essor qualitatif. Le Soudan est le seul État qui a un consulat à Assouan, ce qui provoque la croissance du volume des échanges commerciaux. Ce consulat ne cesse pas de jouer un rôle primordial dans le renforcement des relations commerciales et économiques entre les deux pays, mais ce rôle s'étend également aux divers domaines.

Les relations commerciales entre l'Égypte et le Soudan ont connu une croissance remarquable ces dernières années, grâce à  l'adhésion des deux États à la Grande Zone de libre échange arabe et au COMESA. L'Égypte et le Soudan consolident leurs relations commerciales en établissant des projets économiques communs dans tous les domaines : agriculture, électricité, eau, richesse animale, techniciens qualifiés), ce qui profite aux deux pays et contribue certainement à la restructuration des relations futures entre eux.

Le volume des investissements égyptiens au Soudan a atteint 2,7 milliards de dollars, alors que les investissements soudanais en Égypte ont atteint environ 81 millions de dollars.

Il existe en Égypte quelque 300 entreprises soudanaises travaillant dans les secteurs de l’industrie, du commerce, de l’agriculture, des services financiers, de la construction, du tourisme et des télécommunications.

Quant aux investissements égyptiens au Soudan, ils correspondent à 229 entreprises, travaillant dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie, du transport et des services. Il s’agit de 122 projets œuvrant dans le domaine des industries du ciment, du plastique, du marbre, des médicaments, de la cosmétique, des meubles, du fer et des produits alimentaires, de 90 projets de services travaillant dans les secteurs de la construction, des banques, des entrepôts frigorifiques, de l’irrigation, des fouilles, des services de l’électricité, des laboratoires d’analyse, des centres médicaux, des technologies de l’information et de la communication, et de 17 projets agricoles travaillant dans les secteurs des cultures, de la production animale et volaillère et de la pêche. Environ 70% des investissements égyptiens sont concentrés dans la capitale soudanaise, Khartoum.

Le volume des échanges commerciaux entre l'Égypte et le Soudan a atteint 485 360 millions de dollars entre janvier et octobre 2018, contre 429 655 millions de dollars pour la même période en 2017, soit une augmentation d'environ 13%, selon les données officielles publiées par l'Agence Centrale pour la Mobilisation Publique et les Statistiques (CAMPAS) en Égypte.

Au cours des dix premiers mois de l'année 2018, la valeur des exportations égyptiennes vers le Soudan s'est élevée à 315,747 millions de dollars, alors que ses importations du Soudan ont atteint 169,613 millions de dollars. 

Ces exportations égyptiennes consistent en principe aux produits industriels, alimentaires et pétroliers, aux machines et équipements, aux matières premières, aux textiles, aux moyens de transport, aux boissons, aux médicaments et aux objets d’orfèvrerie en cuivre. Les principales importations égyptiennes du Soudan comprennent les bétails vivants, le sésame, le coton, les arachides, le cuir et les graines oléagineuses.

Il existe également des projets stratégiques égyptiens au Soudan, dont celui de la culture de 100 000 feddans dans le gouvernorat du Nil Bleu, celui de la production des viandes sur une superficie de 40 000 feddans dans le gouvernorat du Nil Blanc, celui la voie fluviale entre les ports d'Assouan et de Halva, pour le transport des marchandises et des personnes.

Parmi les principaux projets conjoints entre les deux pays, figure la construction d'une route côtière entre l'Egypte et le Soudan, long de 280 km, le projet routier Qustul / Wadi Halfa qui s'étend sur 34 km sur les territoires égyptiens et 27 km sur les territoires soudanais, et la route Assouan / Wadi Halfa / Dongola.

Les projets conjoints les plus récents lancés par les deux pays sont le projet du port terrestre Qustul-Achkit, le plus important portail égyptien vers l’Afrique, qui contribue à une augmentation importante des échanges et des investissements entre l’Égypte, le Soudan et le continent africain.

Relations culturelles et médiatiques

Les relations culturelles entre les deux pays jouent un rôle important. L’échange de visites entre les professeurs des universités égyptiennes et soudanaises a pour objectif d’échanger les expériences et les ouvrages, d’effectuer des recherches dans les universités des deux pays, de permettre aux étudiants distingués de visiter d’autres universités et d’offrir des bourses d’études supérieures. Pour sa part, Al-Azhar Al-Charif s'intéresse également à l'étude des conditions culturelles, religieuses et éducatives au Soudan pour assurer les besoins nécessaires dans ces domaines.

Les relations médiatiques entre les deux pays ont été marquées par de nombreux développements. À ce titre, les deux pays ont signé un certain nombre de protocoles, accords, mémorandums d'entente et programmes exécutifs dans le domaine médiatique.

En février 2018, les parties égyptienne et soudanaise ont convenu d'activer le code d'honneur signé entre les deux pays, afin de défendre les intérêts suprêmes, de soutenir leur coopération, de consolider les quatre libertés et d'activer la coopération médiatique entre eux.

À la même date, les deux parties égyptienne et soudanaise ont convenu de tenir une conférence conjointe pour les intellectuels soudanais et égyptiens et pour les médias, sous le thème de la "conférence de l'unité du Nil". En outre, les deux parties œuvrent en vue de faciliter la tâche des journalistes dans les deux pays et d'assurer une coordination médiatique complète entre les deux pays relative à toutes les questions. Les parties égyptienne et soudanaise ont cherché la mise en œuvre d’une loi pour confronter la cybercriminalité et les pages abusives des réseaux sociaux.