République du Burundi
jeudi 28 mars 2019
République du Burundi

Position et superficie

La République du Burundi, située au cœur de l’Afrique, couvre une superficie de 27 834 km2. Bien que ce petit pays soit sans accès à la mer, il borde le lac Tanganyika et est limité à l’Ouest par la République Démocratique du Congo (RDC), au Nord par le Rwanda, et à l’Est et au Sud par la Tanzanie.

Géographie

Le Burundi appelé souvent "le pays des mille collines" se caractérise par la présence de nombreuses collines, mais aussi par la variété des paysages.

En fait, le Burundi forme un triangle montagneux, dont l’axe central est la «crête Congo-Nil», ou crête de la Kibira, extrémité relevée du vaste élément de socle situé entre les Rifts oriental et occidental: son point culminant, le mont Heha, est à 2.670 m. À l'Ouest, la tectonique provoque une retombée brutale sur le fossé du lac Tanganyika, à 773 m, et son prolongement septentrional, l'Imbo (800 à 1.000 m), est parcouru par la Rusizi qui apporte au Tanganyika l'eau du lac Kivu. Le Burundi abrite la source la plus méridionale du Nil vers lequel se dirigent ses autres cours d'eau.

Les formations naturelles de savane ne subsistent que dans certains secteurs de l'Imbo et dans les régions orientales. Les forêts sont peu étendues.

Le Burundi contient une grande variété de fleurs qu'elles ornent les timbres.

Les arbres les plus communs sont l’eucalyptus, importé pour combattre l’érosion et fixer le sol, l’acacia dans les savanes orientales et le palmier à huile. 

La faune est variée : hippopotames, crocodiles, phacochères, léopards et antilopes. La pisciculture est très développée et la pêche est pratiquée dans les rivières et dans les lacs.

Les principaux parcs au Burundi sont le Parc national de Ruvubu et celui de Kibira. 

Monnaie

Franc burundais (BIF​).

Climat

Le climat au Burundi est de manière générale un climat tropical tempéré par les montagnes.

Il existe quatre saisons de pluie pendant l'année.

a- La Petite saison des pluies dure de mi-Septembre à Décembre. Les précipitations de cette période constituent le tiers des précipitations annuelles.

b- La Petite saison sèche dure de mi-Décembre à la mi-Février. Les pluies tombent de moins en moins.

c- La grande saison des pluies s’étend de mi-Février à Mai. C'est pendant cette saison qu'on a l'essentiel des précipitations annuelles car elles atteignent plus de 50%.

d- La grande saison sèche dure de 3 à 6 mois, selon les régions, où les précipitations sont très faibles de Juin à Août. Il y a quelques averses en Août qu'on appelle «pluies des vaches», car elles permettent la repousse de l'herbe des pâturages desséchés.

Langues

Le français et le Kirundi, langue bantoue locale. Le Kiswahili est la langue administrative.

Fête nationale

1er juillet (date de l’indépendance de la Belgique en 1962).

Drapeau

Ce drapeau est divisé en quatre parties  par une croix blanche en diagonale. Les parties supérieure et inférieure sont de couleur rouge; les parties du côté de la hampe et du côté extérieur sont vertes. Le centre de la croix porte un disque blanc dans lequel sont dessinées trois étoiles rouges à six branches, bordées de vert et disposées en triangle (une étoile en haut, deux étoiles en bas).

Le vert symbolise l'espoir et l'optimisme, le blanc la pureté et la paix et la couleur rouge symbolise le sang versé dans la lutte pour l'indépendance. Les trois étoiles dessinées sur le disque représentent les trois principaux groupes ethniques : Hutu, Twa, Tutsi, ainsi que les trois éléments de la devise nationale: Unité, travail, progrès. 

Capitale

Gitega.

Villes principales

Bujumbura, la capitale économique, Muyinga, Ruyigi, Ngozi et Rutana, où se trouve la source la plus au Sud du Nil.

Démographie

11 759 805 habitants (recensements de 2018).

Histoire

Le Burundi est un pays qui se situe dans la région des Grands Lacs africains, berceau de l’Humanité. Pour les anciens Égyptiens, le Burundi se trouvait dans la partie Haute de Kémet ou de l’Égypte, du fait que les échanges culturelles et commerciaux se faisaient le long du parcours du Nil.

Les peuples bantous, originaires de l’Afrique de l’Ouest, entreprirent des migrations vers l’Est et vers le Sud du continent. Les Barundi, issus des bantous, s’établirent dans la région des Grands Lacs et fondèrent leur Royaume, l’Ingoma Y’Uburundi.

La dynastie de Kiranga domina pendant des siècles. Il faudra attendre l’an 1210 av.J.-C. pour voir l’apparition de la dynastie de Balenge (Balengwe), provenant du Congo et du Nigeria, qui régna jusqu’en 1410 de notre ère. La maîtrise de l'art de forger le fer fit de ce Royaume un des plus puissants états militaires du monde à cette époque. Cependant, des troubles surgirent à partir de 1380, et une guerre éclata de 1410 à 1420 entre NTARE I RUTSHASI, qui fut intronisé par le clan des Bajiji et qui fut alliés au clan Bashubi et aux Balenges, et RUHINDA (Mwami du clan des baHima). La victoire de NTARE I (1420 – 1457) marqua la fondation de la dynastie des Baganwa (1410 – 1966). Encore aujourd'hui, une chanson burundaise réputée évoque cet épisode de l'Histoire du Burundi.

Il a connu sa plus grande expansion sous le règne de Ntare IV Rugamba, qui dirigea le pays de 1796 à 1850 et doubla sa superficie. Ce Mwami donna naissance au Burundi moderne. Il se dota d'une puissante armée, très entraînée, et conquit un territoire important. Il utilisa également son armée pour se défendre contre les attaques du royaume du Rwanda. Il organisa ensuite ses conquêtes, écrasant les révoltes intérieures de certains chefs, et surtout divisant le royaume en provinces. Dans les provinces lointaines, le pouvoir fut délégué à des administrateurs choisis parmi les princes de sang royal, membres du clan Baganwa ; ailleurs, à des Tutsis ou des Hutus, lesquels jouaient aussi un grand rôle comme ritualistes royaux. Sous le règne de Ntare Rugamba, la société burundaise continua ainsi à se structurer en deux classes : les Hutus et les Tutsis. Entre ces deux catégories, les voies de promotion sociale ou de régression étaient nombreuses : un Hutu pouvait devenir tutsi et réciproquement. Cette division essentiellement sociale fut par la suite renforcée par la colonisation belge, et prit dès lors un aspect ethnique. Aussi, ce qui n'était qu'une simple hiérarchie dans une société unitaire devint pendant la colonisation une profonde division.

En fait, les premiers explorateurs et missionnaires européens firent de brèves incursions dans la région à partir de 1856. À partir de 1899, les Allemands créèrent Usumbura, imposèrent peu à peu leur protectorat au vieux roi Mwezi Gisabo (1850-1908), dont le pouvoir fut fragilisé par l'anarchie et les luttes internes. Le 6 juin 1903, L'Afrique orientale allemande, établie en 1891, annexa officiellement le Burundi et les petits royaumes adjacents sur les rives orientales du lac Tanganyika.

Or, la domination allemande fut brève. L’Allemagne perdit ses territoires africains pendant la Première Guerre mondiale. En 1916,  les troupes belges débarquent dans la région. Après la Première Guerre, la Belgique reçut de la Société des Nations un mandat pour administrer le Rwanda-Urundi ; un mandat qui fut renouvelé en 1923. La Belgique administra le territoire de manière indirecte, en s'appuyant sur le Mwami, sur les chefs coutumiers et surtout sur les Tutsis, tandis que les Hutus furent exclus du pouvoir.

Se souciant peu de la mise en valeur économique du pays, les Belges se heurtèrent notamment à des résistances récurrentes dans diverses provinces entre les deux guerres mondiales.

Après la Seconde Guerre mondiale, le Ruanda-Urundi devint un territoire sous tutelle de l'Organisation des nations unies sous autorité administrative belge. Le 10 novembre 1959, la Belgique accepta de réformer la politique et de légaliser le multipartisme. Deux partis politiques émergent : l'Union pour le progrès national (UPRONA), un parti multiethnique fondé et dirigé par le fils du Mwami tutsi Mwambutsa IV et Premier ministre Louis Rwagasore, qui jouit d’un charisme auprès des Burundais et qui fut opposé à toute discrimination raciale entre Hutus et Tutsis, et le Parti chrétien-démocrate, soutenu par la Belgique.

Des élections législatives furent fixées au 18 septembre 1961 et furent remportées par le parti de Rwagasore. Celui-ci fut assassiné quinze jours après sa victoire, ce qui déstabilisa le pays. L'indépendance du Burundi fut néanmoins proclamée le 1er juillet 1962.

Régime

République multipartite à régime présidentiel.

Constitution

La Constitution du 28 octobre 2001.

Pouvoirs exécutif et législatif

Le Burundi est une république multipartite à régime présidentiel où le Président occupe les charges de chef de l'État et chef du gouvernement. Le pouvoir exécutif est aux mains du gouvernement tandis que les deux chambres du Parlement (Sénat et Assemblée nationale) partagent le pouvoir législatif avec le gouvernement.

 

Partis politiques

Il existe au Burundi 32 partis politiques, dont :

  • Le Conseil national pour la défense de la démocratie – Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD), le parti au pouvoir,
  • L’Union pour le progrès national (UPRONA),
  • Sahwanya-Front pour la démocratie au Burundi (Sahwanya-FRODEBU),
  • Le Rassemblement national pour le changement (RANAC),
  • Le Front national de libération (FNL),
  • Le Rassemblement des démocrates du Burundi (Radebu),
  • Le Front pour la démocratie au Burundi (Frodebu),
  • L’Alliance des démocrates pour le renouveau (ADR).

Politique étrangère

Le Burundi est membre de quatre organisations régionales : de la Communauté Est-Africaine (EAC) depuis 2007, avec les membres de laquelle il a entrepris une initiative d’intégration ; de la Communauté Économique des Pays des Grands Lacs (CEPGL) dont il était membre fondateur en 1976 ; de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) ; et du Marché Commun de l’Afrique Orientale et Australe (le COMESA) depuis 1981.

Économie

Le Burundi élève des bovins, ovins, des caprins et des volailles. Il cultive le manioc, la patate douce, le tabac, la canne à sucre et le maïs. Le café participe pour 75% aux recettes d’exportation ; viennent ensuite le coton, le thé, le cuir, l’haricot, le sorgho et la banane. Le textile et les produits pétroliers sont importés, surtout d’Europe occidentale.

L’activité minière est très réduite. Elle est axée principalement sur le kaolin et sur l’exploitation de petits gisements d’or et de minerai d’étain. D’importantes réserves d’uranium, et surtout de nickel, demeurent inexploitées. L’activité industrielle première est celle de la transformation alimentaire. L’essentiel du commerce est effectué par bateau via la Tanzanie, la Zambie et la République démocratique du Congo en passant par le port de Bujumbura, situé à la pointe nord du lac Tanganyika.

L’énergie consommée est à 90% produite localement par les barrages hydroélectriques de Rwegura et de Mugere.

Le Burundi, au sortir de sa longue crise sociopolitique, a entamé de profondes réformes dans tous les domaines afin d’amorcer un développement équilibré et harmonieux tenant compte de ses richesses, de son passé, de sa situation actuelle, de son avenir envisagé et de la façon d’y parvenir. C’est dans ce cadre que, en plus des outils internationaux de planification comme les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), le Burundi s’est doté de sa «Vision Burundi 2025 ». Celle-ci est intervenue dans un contexte de changement politique important marqué par le retour à la paix et à la sécurité et la perspective socio-économique favorable. Cette vision est déclinée ainsi : « En 2025, le Burundi est une Nation unie, solidaire et en paix ; un pays rayonnant et attractif, bien aménagé, bâti sur une société de droit et ayant pris rang dans la société d’information ; une société dont le patrimoine culturel riche a été revitalisé et participe au maintien de la diversité ; une économie prospère au service du bien-être des Burundaises et des Burundais ».

 

Sources :

- burundi.gov.bi

- isteebu.bi

- netpress.bi

- yaga-burundi.com

- afdb.org

- populationdata.net

- cosmovisions.com

- diakadi.com

- atlas-monde.net

- afrique-planete.com

- fr.wikipedia.org