Sahle-Work Zewde
mercredi 22 mai 2019
Sahle-Work Zewde

Sahle-Work Zewde, a été désignée le 25 octobre 2018 comme présidente de l’Éthiopie pour un mandat de six ans (renouvelable une fois). Une première dans cette société traditionnelle qui fait suite à la démission du président Mulatu Teshome. Diplomate de carrière, Sahle-Work Zewde, est actuellement la seule femme chef d'État sur le continent africain.

Sahle-Work Zewde - quatrième chef de l'État en Éthiopie depuis l'adoption de la Constitution de 1995 - naquit le 21 février 1950 à Addis-Abeba. Elle fut issue d'une famille élite: son père fut un haut-gradé dans l’armée impériale du temps d’Hailé Sélassié.

Elle fut une ancienne élève du lycée franco-éthiopien Guébré-Mariam. Elle partit en France à la fin des années 1960 pour faire des études en sciences naturelles à l’université de Montpellier. Elle revint ensuite en Éthiopie après le renversement de l’empereur en 1974 pour servir son pays.

Elle intégra d’abord le ministère de l’éducation et plus particulièrement son département des relations publiques. Dans cette fonction, elle côtoya énormément de diplomates, de représentants d’organisations internationales et non-gouvernementales. Cet univers internationalisé servit de clé d’interprétation à son intégration au ministère des affaires étrangères dans les années 1980.                 

Zewde eut ensuite une longue carrière de diplomate. Elle fut ambassadrice au Sénégal de 1989 à 1993. De 1993 à 2002, elle fut ambassadrice à Djibouti, et représente de l'Éthiopie à l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) en Afrique de l'Est.

Elle fut ambassadrice en France de 2002 à 2006 et représentante permanente auprès de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

De juin 2009 à mars 2011, elle fut représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies et chef du bureau intégré des Nations unies en République centrafricaine.

Le 11 mars 2011, elle fut nommée Directrice générale de l’Office des Nations Unies à Nairobi (ONUN), au Kenya.

Elle devint ensuite représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres auprès de l'Union africaine à partir du 28 juin 2018.

Quand elle fut l'ambassadrice de l'Ethiopie en France, elle eut accompagné le rapprochement de l’Éthiopie avec les autorités françaises. Ce qui permit à l’ex-Premier ministre Meles Zenawi d’être considéré comme un partenaire de premier plan et un interlocuteur privilégié sur ce qui touche aux affaires africaines et aux enjeux du développement économique et social.

Son mandat à Djibouti lui octroya une place fondamentale. Il faut rappeler que depuis le début du conflit Érythrée-Éthiopie en 1998, Djibouti fut le seul débouché maritime de l’économie éthiopienne. Sahle-Work Zewde joua un rôle primordial pour que son pays puisse accéder à la mer par le biais de Djibouti bien loin de l'Erythrée. Raison pour laquelle ce fut l'un des postes diplomatiques clés de cette période.

A noter qu’en étant présidente de l’Éthiopie pour un mandant de 6 ans, Zewde occupera un poste essentiellement honorifique, en vertu du régime politique de son pays. Les pleins pouvoirs appartiennent au Premier ministre, en l’occurrence Abiy Ahmed.

Il s’agit là d’une nouvelle avancée historique pour la femme africaine, même si Sahle-Work Zewde n’est pas la première femme présidente de la République du continent, mais est pour l’instant la seule en activité.

En effet, la libérienne Ellen Johnson avait été élue présidente du Liberia de 2006 à 2018.

En 2012, c’est la malawite Joyce Banda, vice-président du Malawi, qui accédera au pouvoir après la mort de son mari, alors président de la République, comme le prévoit la constitution du pays. Elle quittera le pouvoir en mai 2014.

En île Maurice, Ameenah Gurib-Fakim avait également été investie par l’Assemblée nationale à ce poste entre 2015 et 2018.

«  Durant mon mandat, je me concentrerai sur le rôle des femmes en vue d'assurer la paix, ainsi que sur les bénéfices de la paix pour les femmes. J'appelle le gouvernement à éradiquer la pauvreté avec la pleine participation des femmes, car c'est une source d'instabilité.  », a-t-elle déclaré dans son discours d'investiture au parlement éthiopien. Elle a également appelé le gouvernement et l'opposition en Éthiopie à «  se concentrer sur les choses qui nous unissent  », afin de «  créer un pays et une génération dont nous serons fiers  », a-t-elle conclu.

Sources:

www.huffpostmaghreb.com

www.un.org

lesinrocks.com

fr.wikipedia.org

lemonde.fr